samedi 10 juin 2017

Conférence à Asti 4ème jour


Jacques Ruer a démontré que l’on pouvait facilement régler le problème de l’emballage d’une réaction de fusion froide, en utilisant ce qui est connu en chimie industrielle. Il est parti de l’hypothèse que la réaction de fusion froide augmente avec la température, il est alors clair que si rien n’est fait, on va aboutir à une fusion du combustible. Par contre si on tient compte du refroidissement avec par exemple une circulation d’eau, il est possible de régler le débit d’eau pour que le système atteigne un équilibre, tout en fournissant de l’eau à une température utilisable. Par ailleurs, même si le Coefficient de Performances est faible, en mettant en parallèle un grand nombre de cellules, le COP va sensiblement augmenter.

Philippe Hatt a montré son modèle utilisant un calcul simple permet de recalculer l’énergie du proton et du neutron.

Bob Greyner de MFMP a présenté différents résultats expérimentaux permettant d’observer des transmutations.

Katinsky de LENRIA a présenté une expérience d’électrochimie en collaboration avec Melvin Miles permettant d’être reproduite facilement par des laboratoires universitaires. Ils vont utiliser des électrodes en palladium bore fabriquée il y a quelques années et qui avaient donné de la chaleur anormale de manière très reproductible. Une fois l’expérience prête, elle sera envoyée gratuitement à ces laboratoires universitaires qui pourront faire l’expérience.

La conférence s’est terminée par un dîner de gala, au cours duquel, il a été annoncé que la prochaine conférence ICCF 21 aurait lieu sur la côte Est des Etats-Unis durant l’été 2018.

Fabrice David a reçu la médaille de bronze du meilleur poster. La médaille Préparata a été attribuée à Tom Claytor pour ses travaux à Los Alamos sur la production de tritium.

jeudi 8 juin 2017

Conférence à Asti : 3ème jour


Cette troisième journée a été en grande majorité concentrée sur les théories. N’étant pas théoricien, j’avoue que de nombreuses équations m’ont un peu dépassé.

David Nagel de George Washington University a détaillé ce que l’on attend des théories. Il y a des dizaines de théories sur les LENR, mais aucune ne répond au critère de complétude. Une théorie n’a que deux fonctions, expliquer le passé et prédire l’avenir.

William Collis d’Italie a détaillé les différentes théories pour voir lesquelles peuvent expliquer pourquoi il n’y a pas de rayonnements tels que les neutrons et les rayons gammas. Pour lui, il n’y a que deux théories qui conviendraient, celles de Fisher avec les polyneutrons, et celle de Bazhutov avec les erzions.

Peter Hagelstein du MIT a développé le modèle permettant au Ta-181 de produire un effet semblable à l’effet Mossbauer.

Jean-Luc Paillet de Aix-Marseille Université a développé le modèle où l’électron a une orbite basse près du noyau, avec une énergie de liaison supérieure à 507keV.

Dubinko d’Ukraine a mentionné le rôle des quasi-cristaux qui pourraient jouer un rôle dans les expériences de LENR. Il a développé le rôle des « discrete breather » calculés lorsque l’amplitude des vibrations devient anharmonique. Cela conduit à des variations importantes de températures localement qui pourraient expliquer le mécanisme de fusion froide.

Michael McKubre retraité du SRI a fait une revue détaillée de la situation de la fusion froide. Pour lui, le fait le plus important a été la découverte de tritium qui ne peut s’expliquer que par une réaction nucléaire. Ensuite vient la mesure d’excès de chaleur puis la présence d’hélium-4. La théorie ne va pas nous sauver, nous avons besoin d’une meilleure compréhension expérimentale. Dans le passé nous avons utilisé le concept de la fusion chaude qui ne s’appliquait pas à notre situation. Nous avons besoin maintenant d’une démonstration claire pour convaincre les autres scientifiques.

Philippe Hatt de Belgique a expliqué son modèle du noyau atomique avec un nombre très limité de paramètres ajustables. Il retrouve avec un grand degré de précision les énergies de liaison des noyaux connus expérimentalement. Il part de l’hypothèse que les noyaux sont composés de particules alphas associés entre eux.

Jean François Geneste du Groupe Airbus a repris les travaux qu’il avait présenté à ICCF20 sur la symétrie et la dissymétrie.

Akito Takahashi du Japon a continué la description des expériences avec les nano particules métalliques à base de Ni-Cu-Pd Zr. L’hydrogène ne peut pas pénétrer dans les nano particules si le nickel est recouvert d’une couche continue de palladium. Il faut en réalité que la couche de palladium soit incomplète. Son modèle théorique avec quatre deutérium explique le fait qu’il n’y a pas de radiation.

Toimela de Finlande a fait un calcul de thermique pour essayer de comprendre comment la chaleur produite sur un site actif peut se propager dans l’ensemble du métal. Il est parti de l’hypothèse que la chaleur maximale autorisée dans un petit volume autour du point actif ne dépasse pas la température de fusion. Ses calculs montrent que si le volume en question est de 100nm de côté, alors le système peut recevoir 1 Watt.

Szumski a montré son modèle de moindre action pour expliquer quelles sont les réactions de transmutation qui peuvent se produire. Pour lui, les transmutations se produisent lorsque la perte de masse est la plus faible possible.


mercredi 7 juin 2017

Conférence Asti : 2ème jour


La deuxième journée s’est limitée à une demi-journée suivie d’une après-midi avec la session poster et une visite d’une cave.

Iwamura de Tohoku University du Japon a développé les résultats obtenus avec des nano matériaux. Il s’agit d’une collaboration commencée en octobre 2015 qui se terminera en octobre 2017. Il s’agit d’un projet national où la société Technova est leader du projet. Ils ont étudié l’excès de chaleur avec des nano poudres à base de cuivre et nickel dans un calorimètre à flux massique avec comme fluide de l’huile. L’excès de chaleur est obtenu avec l’hydrogène, mais pas avec le deutérium. La poudre est fabriquée par « melt spinning » à Sendai Motor Company. Les échantillons étaient de 100g environ et ont produit 2.47 MJ d’excès. Cette expérience est en parallèle avec celle de Takahashi présentée mardi.

Klimov de Russie a montré un excellent travail avec des plasmoides. Ils ont obtenu des COP de 2 à 10 avec des excès supérieurs à 3kW ! Sur les électrodes ils ont mesuré ds transmutations montrant formation en particulier de potassium, lithium et zinc. Cette expérience montre une grande avancée des Russes dans ce genre de travaux. Apparemment une collaboration est en cours avec des Allemands pour commercialiser le procédé, bien qu’apparemment ce soit difficile.

Francesco Celani de l’IFNM en Italie a fait un rappel de l’ensemble de ces travaux avec des fils de constantan nickel, cuivre molybdène. Il a observé des excès de chaleur par ajout de fer et de potassium. Il a insisté sur le fait qu’il fallait des conditions hors équilibre. Il a obtenu un COP=2 avec 70Watts de chauffage.

David Nagel de l’université George Washington a montré l’état d’avancement de son laboratoire, où ils ont construit une cellule électrochimique qui est également simulée par le logiciel comsol.

Jacques Dufour à Paris a montré les résultats qu’il a obtenu à 1000°C avec du fer et du sodium. Il pense qu’il a transformé 0.524 g des 1.087g de fer au départ en un nouvel élément qui est un atome avec un proton à l’intérieur du nuage électronique du fer. Ce serait un atome de masse très proche de celle du cobalt

Jean-François Geneste de Airbus Group a développé une nouvelle physique s’appuyant sur les travaux de Curie en 1894 qui disait que pour que quelque chose se produise, il devait y avoir de la dissymétrie. Il montre que pour que cela se passe il faut se mettre dans un espace non Arcimédien.

Mitzler et Hagelstein du MIT ont montré leurs tentatives de produire des rayons-X avec des phonons en les excitants par des transducers piézoélectriques. Bien qu’ils n’aient pas eu des résultats positifs du côté des rayons-X, ils ont observé des anomalies avec une perte de cobalt radioactif placé sur la plaque de fer qui sert de résonnateur.


mardi 6 juin 2017

Conférence à Asti: 1er jour

-->Le 12ème International Workshop on Anomalies in Hydrogen Loaded Metals va se dérouler du mardi 6 juin au vendredi 9 juin près d’Asti en Italie. Environ 70 personnes participent à cette conférence venant de 12 pays.

Le premier exposé a été fait par David French, un spécialiste Canadien de la propriété industrielle. Il a expliqué qu’il était nécessaire d’avoir une invention qui fonctionne. Ensuite, il est clair que l’on ne peut pas exclure des faits déjà connus. Finalement, il est très important que la première revendication soit bien écrite. Au moment de la discussion avec l’avocat, il faut vérifier que les revendications soient bien écrites.

Georges Egeley d’Ukraine a fait un exposé sur les découvertes oubliées et leurs effets sur la fusion froide. Il a mentionné les « dusty plasmas » avec des décharges avec 30 à 60 keV dans une atmosphère d’hydrogène. Il a également parlé des travaux de Tesla qui avait en 1931 fabriquait une voiture électrique qui roulait sans rechargement. Par ailleurs Moray à Salt Lake City avait développé un système pour soigner les cancers. Il a aussi discuté des travaux de Papp, Jekkel, Correa et Grey.

Jacques Ruer a réexaminé l’explosion qui s’était produite en 2004 dans une de mes expériences d’électrolyse avec comme cathode un tube de palladium. L’explosion avait complètement détruit le Dewar dans lequel l’expérience avait lieu. Toutes les tentatives pour faire exploser un Dewar similaire en faisant exploser un mélange hydrogène/oxygène n’avait pas abouti à une destruction du Dewar. Jacques Ruer a montré la différence entre déflagration et détonation. Dans une déflagration la flamme se déplace à une vitesse subsonique, alors que dans une détonation la vitesse de la flamme est supersonique et une très haute pression se développe sur le front de flamme. Après avoir fait différents essais, il a réussi à faire exploser des tubes en Pyrex de même diamètre en injectant un mélange hydrogène/oxygène par un tube de petit diamètre. Ceci montre que ce genre d’explosion est probablement tout à fait naturel, et n’est pas lié à un effet de la fusion froide.

Itoh du Japon, a repris l’expérience d’Iwamura de transmutation du césium en praséodyme au cours de la diffusion du deutérium à travers une multicouche palladium CaO avec un dépôt de césium. L’analyse par XPS et SIMS a montré que le praséodyme était produit. Néanmoins les auteurs ont essayé de vérifier par d’autres techniques la réalité de la production de praséodyme, en particulier par RBS.

Akito Takahashi du Japon a relaté les résultats de travaux menés par quatre universités, la société Technova et Nissan. Ils ont travaillé avec des alliages palladium, nickel, cuivre et ZrO2. Ils ont montré ds excès de chaleur de 3 à 10 Watts qui ont duré pendant des semaines.

Alakin de Russie a reproduit une expérience faite en 1922 par Wendt et Irion de production d’hélium au cours de l’explosion de fils de tungstène en faisant passer un courant intense. Ces résultats avaient étés rejetés à l’époque, mais les résultats actuels montrent qu’il y a effectivement production d’hélium.

Dubinko d’Ukraine a reproduit l’expérience de Parkhomov qui montrait un excès de 400 Watts à 1000°C. Il a aussi observé un excès de chaleur avec un mélange Nd90Fe10 avec H2 et D2 à 300°C.
Iwamura du Japon a reproduit l’expérience de Mizuno au cours de laquelle des nano particules de nickel et palladium produits par des décharges plasma. L’excès de chaleur est supérieur avec l’hydrogène qu’avec le deutérium. A 300°C, avec 7 Watts de chauffage, l’excès est de 83%. Des analyses au microscope électronique montrent l’apparition de silicium, sodium et fluor, ainsi que de cadmium.

Tom Claytor, un ancien chercheur de Los Alamos, maintenant à la retraite continue ses travaux de mesure du tritium au cours de décharges avec du palladium et d’autres métaux.  Il a aussi montré la production d’excès de chaleur avec des décharges plasmas avec Pt, Cu et Ni.

Malcom Fowler a montré le nouveau système de spectrométrie de masse qui permet de séparer l’hélium-4 du deutérium qui ont la même masse.